#HelloQuitX : partir ou rester ?
Le janvier 2025, Donald Trump accède au pouvoir pour un second mandat aux États-Unis. Parmi les facteurs qui ont contribué à cette réélection, il y a largement le rachat de Twitter par l'homme le plus fortuné du monde : Elon Musk.
Les manipulations d'algorithme de la plateforme par Musk ne sont plus à démontrer. France Info a même tenté une expérience :
- Étape 1 : créer un nouveau compte vierge, aucun abonnement, aucun tweet.
- Étape 2 : patienter. Surprise, au bout d'une ou deux minutes, Elon Musk s'impose immédiatement dans les suggestions.
Et lorsque que l'on suit Elon Musk, la plateforme s'emballe. Le réseau X propose à ses abonnés de suivre les entreprises de Musk (Tesla ou SpaceX), mais aussi Donald Trump ou Andrew Tate (un influenceur masculiniste complotiste poursuivi en Angleterre et en Roumanie pour viols, violence, proxénétisme et traite d'êtres humains)... et même Bruno Retailleau, actuel ministre de l'intérieur.
👉 En moins d’une heure, l’algorithme enferme ce compte dans une bulle d’extrême-droite.
À partir de ce constat, difficile alors de défendre l'idée d'être sur le réseau social pour ce même aspect "social". C'est David Chavalarias, directeur de recherche au CNRS, qui l'exprimait sur Arte : « l'algorithme ne reflète pas du tout ce que postent la plupart de vos abonnés. La structure du réseau est pensée pour brutaliser et cliver le débat. »
Difficile alors de justifier le fait de rester sur X au nom de "l'aspect social", quand la plateforme est devenue un outil de désinformation et de manipulation massive.
Quitter X : entre FOMO, anxiété et dilemme moral
Et pourtant, je n'étais toujours pas partie. Alors que je ne postais plus rien, mon compte était là : ma porte d'accès à X était laissée entrouverte. Histoire de ne pas être dans la même pièce mais de pouvoir écouter ce qu'il s'y dit quand même.
On parle ici d'un phénomène très connu des réseaux sociaux, le FOMO (Fear Of Missing Out) : il s'agit d'une forme d'anxiété caractérisée par la peur de manquer une information importante.
💀 Le paradoxe ?
- Être sur X me créait de l’anxiété.
- Quitter X me créait aussi de l’anxiété.
- Résultat ? L'inaction.
C'est exactement le stade dans lequel j'étais coincée : avoir un compte fantôme, une porte entrouverte.
Mais au-delà de mon cas personnel, cette décision de quitter X m'a fait profondément réfléchir sur mon rapport aux réseaux sociaux, et de ma voix en tant qu'utilisatrice, mais aussi en tant qu'autrice de fiction.
Est-ce que je devais m’exprimer sur mes convictions politiques ?
J'ai ruminé longtemps sur des questions comme "Est-ce le lieu ?", "Quelles seront les conséquences sur mon audience et mes lecteurs potentiels ?", "DOIS-je m'exprimer ?", "Est-ce que ne rien dire, c'est cautionner en silence ?" etc.
Parce qu'il y a une différence tout de même avec d'autres comptes d'entrepreneurs que je peux suivre sur Instagram, par exemple, et dont j'adore le contenu : moi, je ne vends ni des services aux freelances, ni des thermomixtes : j'écris des histoires.
Et ce travail est politique.
🎭 Cohérence et valeurs : mon point de non-retour
J'ai donc décidé de quitter X. Et ce qui m'a permis de prendre finalement cette décision, c'est faire un pas en arrière et revenir à mon essence en tant qu'autrice d'épouvante.
Et là, coup du destin : alors que j'étais prise dans ces réflexions, un tweet de Damien Leone, réalisateur des films Terrifier, a été le déclencheur :
"Mes films ne sont pas politiques, ils sont juste du divertissement."
Hopefully I never have to bring up politics publicly ever again but this desperately needed to be said on behalf of the Terrifier franchise 🙏 pic.twitter.com/b7soIj9P33
— Damien Leone (@damienleone) February 3, 2025
C'en est trop : parce que dire qu'un film d'horreur n'est pas politique, c'est faux. Dans la vie, tout est politique. J'ai assez planché durant mes études de philosophie pour affirmer que oui, l'Art est politique.
Et surtout l'horreur.
L'horreur, ou épouvante, est un genre qu'on appelle "subversif" = qui est susceptible de bouleverser, de détruire des institutions, les principes ; qui menace l'ordre établi (def. CNRTL)
L'épouvante (c'est aussi pourquoi j'aime profondément ce genre) est le domaine dans lequel on remet en question des réalités sociales, on pointe du doigt et dénonce des injustices, des inégalités, ou on brise des tabous.
Ce sont même des faits qui ont été repris dans la pop-culture et la meme culture d'internet : le personnage noir qui meurt toujours en premier dans les Slasher Movies, la jeunesse complètement débridée, les tueurs en série, les campagnes reculées toujours dépeintes comme sous-cultivées et sectaires, des entitées réveillées par le sang versé sur un ancien cimetière indien… Évidemment que l'horreur est politique.
Alors, quand Damien Leone, un réalisateur d'horreur qui produit tout de même un film dans lequel un clown tueur tue et mutile de façon gore et très sanglante des jeunes femmes, dit que ses films ne sont pas politiques et n'ont qu'un but de "divertissement"... C'est passer à côté de ce qu'est l'horreur. Et c'est politique. Dire qu'une œuvre n'est pas politique, c'est déjà politique.
Et si je crois en cela, alors je dois être en accord avec mes valeurs.
Comme Stephen King (qui n'a jamais caché ses opinions politiques dans ses livres), qui a décidé de quitter X à cause "de la désinformation et de la toxicité", je quitte aussi.
🏡 Et maintenant ? Bienvenue dans La Cabane !
✅Travail de réflexion, ✅Prise de conscience, ✅Décision finale :
« Moins crier sur les réseaux sociaux, mieux écrire dans mes romans »
Alors, tout quitter ? Oui et non. Ce que je dis, c'est qu'il n'est pas impossible que je me retire des réseaux sociaux à terme, et que les messages que je veux défendre seront mille fois plus pertinents dans mes histoires que sur X. MAIS : partir de ces plateformes ne veut pas dire perdre le lien avec mes lecteurs.
La solution : un autre espace. Plus intime, plus sincère, et qui n'appartient pas à un grand technocrate : La Cabane.
🫶 Il ne manque plus que toi
La Cabane, c'est quoi ?
- Notre lieu à nous, pensé comme un véritable rendez-vous : un moment de lecture régulier, à l'écart du tumulte des réseaux sociaux.
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